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REPORTAGE et ARTICLE " ICI PARIS "
de la Journaliste Stéphanie LOHR.

1er février 2005 ,
Une rue Claude François

dans sa ville natale !

Pour comprendre qui était Claude François, il faut reprendre l'histoire à ses débuts, quand le chanteur voit le jour, le 1er février 1939, à Ismalïlia, en Egypte. Son père, Aimé François, est alors employé de la Compagnie du canal de Suez. Mais le 14 juillet 1956, alors que CLaude vient d'avoir 17 ans, Nasser nationalise le canal et c'est le drame de l'exil : " On nous a donné un mois pour quitter le pays, racontait le chanteur dans une interview, parue en 1973... J'ai laissé là-bas tous mes souvenirs de jeunesse et surtout mes souvenirs de jeunesse et surtout mes souvenirs d'enfant. Je ne pourrais jamais oublier que quelque part, au bord d'un canal, un morceau de mon coeur est resté accroché à un barbelé...". Une nostalgie qui ne le quittera jamais tout à fait.
Au point que d'après son dernier agenda, il projetait même de retourner en Egypte, en mai 1978. Le sort l'en empêchera...
Aujourd'hui, c'est son propre fils, Claude, qui vient d'entreprendre le périple.
En effet, à l'initiative de Bernard Chaumont-Gaillard, directeur de l'Alliance Française de Port-Saïd, c'est une commémoration très particulière qui a été organisée pour les 66 ans du chanteur : le 1er février 2005, en présence de Sabri El-Adawy, le Gouverneur d'Ismaïlia, mais aussi de Denis Louche, directeur du Centre Français de la Culture et de Coopération au Caire et de Jean-Claude Cousseran, Ambassadeur de France, c'est en "grande pompe" que la ville a donné le nom de Claude François à la rue où il avait passé son enfance. Pour l'occasion, de nombreux fans avaient fait le voyage de France, de Belgique et même de Pologne, émus de fouler le sol natal de leur Idole.
Parmi les inconditionnels de la Star, Danielle Audibert-Mongein, une jolie quinquagénaire, fan depuis l'âge de 9 ans, avoue, les larmes aux yeux : " Pour moi, c'est le dernier des pharaons. C'est lui, le vrai prince du Nil et je ne ferai jamais mon deuil de sa disparition..."

Lors de son discours de remerciements, Claude François Junior a eu, lui aussi, bien du mal à cacher son trouble. " Mon père a vécu ce départ comme un traumatisme,... nous raconte-t-il en aparté,... Aujourd'hui, revenir sur les traces de son enfance, revoir la maison où il a grandi, l'imaginer jouer dans les rues, découvrir son école, l'église où mes grands-parents paternels se sont mariés, tout ceci est un moment unique ! Je comprends d'autant mieux sa douleur d'avoir perdu tout ça ! Une période, symbole d'innocence et d'insouciance, qu'il avait d'ailleurs voulu recréer en France, dans son Moulin. Mais il lui manquait le plus important : les parfums, les odeurs et les saveurs de l'Egypte. Aujourd'hui, je pense particulièrement à lui et je me dis qu'il n'aurait sans doute imaginé que près de cinquante ans après cet exil forcé,
ce pays lui rendrait hommage en baptisant une rue à son nom. C'est le plus beau cadeau qu'on pouvait lui faire.
Sa vraie revanche !"
" Je suis tellement fier et heureux pour lui. J'espère qu'il aura une prochaine fois et que mes enfants feront partie du voyage. J'ai trois filles et un petit garçon de quelques mois. Pour eux aussi, c'est important de connaître l'histoire de leur grand-père. Car le passé est toujours le garant de l'avenir..."
La journée définitivement placée sous le signe du souvenir s'est terminée, tard dans la nuit, avec un concert de Michaël D., sosie vocal du chanteur. Puis, la foule s'est dispersée tandis qu'un joueur de ud (une guitare orientale) entonnait les premières notes de Comme d'habitude et Claude François Junior partait se perdre dans le dédale des ruelles.
Nous remercions Stéphanie Lohr de nous avoir permis de vous communiquez son article.
Et tant pis si Ismaïlia a perdu de sa splendeur d'antan. Les villas coloniales sont, elles, toujours là. Les pierres ont surmonté l'épreuve du temps et elles se souviennent encore de ce petit garçon blond qui avait découvert le sens du rythme au son des taraboukas.

Il y a vingt-sept ans Claude François chantait : " Barques sur le Nil, voiles sur les filles". Il y a vingt-sept ans, il regrettait, mélancolique, les sirènes du port d'Alexandrie !
L'Egypte, fidèle et nostalgique, n'a pas oublié ce fils du pays. En ce 1er février 2005, la boucle est bouclé : Claude François a trouvé ses racines...Pour l'éternité !

Stéphanie LOHR pour ICI PARIS N°3110/ 8 au 14 février 2005

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